07.12.2007
Marx et Zassoulitch
Marx à Vera Zassoulitch :
« Les « Marxistes » russes dont vous parlez me sont tout à fait inconnus. Les Russes avec lesquels j’ai des rapports personnels entretiennent, à ce que je sache, des vues tout à fait opposées. »
note de Maximilien Rubel :
« Marx, qui se souciait fort peu des « marxistes » russes, n’était en relation qu’avec des populistes : Danielson, Lavrov, Hartmann, Tchaïkovski, Morozov, etc. Il préférait les hommes d’action aux doctrinaires et admirait les terroristes de Saint-Pétersbourg : « Ce sont des gens absolument déterminés, sans pose mélodramatique [en fr.], simples, réalistes, héroïques […] ; ils s’efforcent d’apprendre à l’Europe qu’il est aussi vain de moraliser pour ou contre leur mode d’action, spécifiquement russe et historiquement inévitable, que sur le séisme de Chio.» (Marx à sa fille Jenny Longuet, II avril 1881.) »
Karl Marx, OEuvres, Économie II, p. 1561 et note.
La fameuse lettre à Vera Zassoulitch
Lettre de Vera Zassoulitch à Marx
(…)
« De telle ou telle autre manière de voir sur cette question dépend même la destinée personnelle de nos socialistes révolutionnaires. L’un des deux : ou bien cette commune rurale, affranchie des exigences démesurées du fisc, des payements aux seigneurs et de l’administration arbitraire, est capable de se développer dans la voie socialiste, c’est-à-dire d’organiser peu à peu sa production et sa distribution des produits sur les bases collectivistes. Dans ce cas le socialiste révolutionnaire doit sacrifier toutes ses forces à l’affranchissement de la commune et à son développement.
Si au contraire la commune est destinée à périr, il ne reste au socialiste, comme tel, que de s’adonner aux calculs plus ou moins mal fondés pour trouver dans combien de dizaines d’années la terre du paysan russe passera de ses mains dans celles de la bourgeoisie, dans combien de centaines d’années, peut-être, le capitalisme va atteindre en Russie le développement semblable à celui de l’Europe occidentale. Ils devront alors faire la propagande uniquement parmi les travailleurs des villes qui seront continuellement noyés dans la masse des paysans, qui, par suite de la dissolution de la commune, sera jetée sur le pavé des grandes villes à la recherche du salaire.
Dans les derniers temps, nous entendons souvent dire que la commune rurale est une forme archaïque que l’histoire, le socialisme scientifique, en un mot tout ce qu’il y a de plus indiscutable, condamnent à périr. Les gens qui prêchent cela se disent vos disciples par excellence : « Marxistes ». Le plus fort de leurs arguments est souvent : « C’est Marx qui le dit. »
(…)
Agréez, citoyen, mes respectueuses salutations.
Vera Zassoulitch
Mon adresse : Imprimerie polonaise, Rue de Lausanne n°49, Genève
Réponse de Marx à Vera Zassoulitch
(…)
«Dans ce mouvement occidental, il s’agit donc de la transformation d’une forme de propriété privée en une autre forme de propriété privée. Chez les paysans russes, on aurait au contraire à transformer leur propriété commune en propriété privée.
L’analyse donnée dans le Capital n’offre donc de raisons ni pour ni contre la vitalité de la commune rurale, mais l’étude spéciale que j’en ai faite, et dont j’ai cherché les matériaux dans les sources originales, m’a convaincu que cette commune est le point d’appui de la régénération sociale en Russie, mais, afin qu’elle puisse fonctionner comme tel, il faudrait d’abord éliminer les influences délétères qui l’assaillent de tous les côtés et ensuite lui assurer les conditions normales d’un développement spontané. »
Brouillons de la réponse de Marx à Vera Zassoulitch
(…)
« Chez les paysans russes, on aurait au contraire à transformer leur propriété commune en propriété privée. Qu’on affirme ou qu’on nie la fatalité de cette transformation-là, les raisons pour et les raisons contre n’ont rien à faire avec mon analyse de la genèse du régime capitaliste. Tout au plus pourrait-on en inférer que, vu l’état actuel de la grande majorité des paysans russes, l’acte de leur conversion en petits propriétaires ne serait que le prologue de leur expropriation rapide.
Si, au moment de l’émancipation les communes rurales avaient été de prime abord placées dans des conditions de prospérité normale, si, ensuite, l’immense dette publique payée pour la plus grande partie aux frais et dépens des paysans, avec les autres sommes énormes, fournies par l’intermédiaire de l’État (et toujours aux frais et dépens des paysans) aux « nouvelles colonnes de la société » transformées en capitalistes, si toutes ces dépenses avaient servi au développement ultérieur de la commune rurale, alors personne ne rêverait aujourd’hui « la fatalité historique » de l’anéantissement de la commune : tout le monde y reconnaîtrait l’élément de la régénération de la société russe et un élément de supériorité sur les pays encore asservis par le régime capitaliste.
Les « Marxistes » russes dont vous parlez me sont tout à fait inconnus. Les Russes avec lesquels j’ai des rapports personnels entretiennent, à ce que je sache, des vues tout à fait opposées.
(…)
Ce qui menace la vie de la commune russe, ce n’est ni une fatalité historique ni une théorie : c’est l’oppression par l’État et l’exploitation par des intrus capitalistes, rendus puissants aux frais et dépens des paysans par le même État.
[…] Vis-à-vis d’elle se dresse la propriété foncière tenant entre ses mains presque la moitié, et la meilleure partie, du sol, sans mentionner les domaines de l’État. C’est par ce côté-là que la conservation de la « commune rurale » par voie de son évolution ultérieure se confond avec le mouvement général de la société russe, dont la régénération est à ce prix.
(…)
D’un côté, la « commune rurale » est presque réduite à la dernière extrémité, et de l’autre une conspiration puissante se tient aux aguets afin de lui donner le coup de grâce. En même temps qu’on saigne et torture la commune, stérilise et paupérise sa terre, les laquais littéraires des « nouvelles colonnes de la société » désignent ironiquement les plaies qu’on lui a causées comme autant de symptômes de sa décrépitude spontanée et incontestable, qu’elle se meurt d’une mort naturelle et qu’on fera bonne besogne en abrégeant son agonie. Ici, il ne s’agit plus d’un problème à résoudre ; il s’agit tout simplement d’un ennemi à battre. Ce n’est donc plus un problème théorique. Pour sauver la commune russe, il faut une Révolution russe. Du reste, le gouvernement russe et les « nouvelles colonnes de la société » font de leur mieux pour préparer les masses à une telle catastrophe. Si la révolution se fait en temps opportun, si elle concentre toutes ses forces pour assurer l’essor libre de la commune rurale, celle-ci se développera bientôt comme élément régénérateur de la société russe et comme élément de supériorité sur les pays asservis par le régime capitaliste. »
Commentaire de Maximilien Rubel :
« Cet extraordinaire document constitue en quelque sort e le testament politique d’un homme qui, à l’approche de la mort, rassemble toutes les ressources de son génie pour exprimer en quelques pages un intense sentiment prémonitoire où l’appréhension et l’espoir se mêlent : appréhension de voir son œuvre exploitée à des fins qui seraient la négation des valeurs pour lesquelles il avait vécu et lutté ; espoir d’assister à la renaissance de l’archétype social, mais enrichi des conquêtes de l’esprit humain. Que cet ultime message du russophobe ait été destiné à la Russie paysanne pourrait facilement passer pour une ironie de l’histoire, mais ce serait méconnaître la nature d’une conscience nourrie de rêve autant que de savoir. On peut regretter que la génération d’Octobre 1917 ait ignoré ce texte qui confère tout son sens à l’avertissement lancé par Marx et Engels en conclusion à l’édition russe du Manifeste communiste : « Si la révolution russe donne le signal d’une révolution prolétarienne en Occident et que toutes deux se complètent, l’actuelle propriété collective du sol russe pourra servir de point de départ à une révolution communiste. » (Œuvres, t. I, p. 1404.) »
PS: texte exhumé sur demande.
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Texte de Gianfranco La Grassa
Nous vous proposons un article de Gianfranco La Grassa, intellectuel italien dont les analyses méritent selon nous d'être connues et discutées bien au-delà de la seule Italie. Nous avons également traduit la brève présentation du texte, telle qu'elle a été donnée sur le blog (cf. lien) où il a été publié dans sa langue originale le mardi 5 juin 2007. Pour toute question ou remarque concernant cette traduction, prière de nous contacter. Bonne lecture.
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Nous vous proposons cet article de Gianfranco La Grassa qui est aussi une invitation à la discussion entre toutes les personnes de bon sens, entre tous ceux qui ont décidé de se libérer de l’atroce dichotomie antithético-polaire droite/gauche institutionnelles. Je partage pleinement l’analyse lagrassienne quand il affirme que le pire cancer qui accable l’Italie, dans le moment historique présent, est la gauche, tandis que la droite, tout au plus, représente la progression de la métastase subordonnée au mal principal. Beaucoup feront la grimace devant de telles affirmations, notamment ceux qui sont complètement immergés dans la "soupe" identitaire de l’anti-berlusconisme à outrance. Mais définir négativement sa propre identité signifie renoncer à l’élaboration d’une pensée critique et à l’ « idéalité » qui a toujours accompagné la tentative de transformation sociale. Certes, nous sommes encore loin de pouvoir proposer des solutions efficaces pour la transformation, mais c’est justement la raison pour laquelle nous devons accepter l’invitation de La Grassa à mener un travail d’analyse, à élaborer de nouvelles « hypothèses » théoriques utiles pour comprendre les aspects les plus décisifs (dynamique et « déterminations ») du capitalisme d’aujourd’hui. Pour ce faire, nous n’avons certes pas besoin des fardeaux identitaires et encore moins des stupides fantômes de l’idéologie avec laquelle de nombreux curetons du marxisme tentent encore d’enserrer le monde pour le faire correspondre à leurs théories sclérosées.
Se consacrer à l’analyse
Gianfranco La Grassa
Depuis longtemps déjà – comme en témoignent les articles écrits pour le blog et le site – je soutiens que la gauche, ou si l’on veut le centre-gauche, est un cancer désormais en métastase dans la société italienne. J’ai également voulu montrer que, par certains côtés, celle que l’on indique comme gauche « radicale » est le pire du pire. Le choix d’un « être….. » comme Prodi pour chef de la coalition, la corruption, la pourriture, l’arrogance, unies à la plus totale incapacité et inutilité démontrées par le gouvernement durant cette année d’(in)activité, ainsi que les dernières affaires Visco-Speciale (et celles relatives à l’Ansa, à l’accaparement des services secrets, de la Rai, d’importantes charges dans les différentes Armées, etc.) ont pour moi démontré : 1) qu’il n’existe plus aucune mesure soi-disant démocratique à même de nous sauver de ce cloaque où la m… monte à une vitesse impressionnante ; 2) que le noyau dur de l’électorat « degauche » n’est plus constitué dans sa majorité par les ouvriers et les couches sociales les plus modestes mais bien par un informe amas de classes moyennes (celles dédiées à des activités qui absorbent d’énormes ressources en échange d’une maigre utilité), lequel amas est entièrement homogène, de par sa corruption et sa pourriture morale et intellectuelle, aux groupes politiques de gauche. Ce sont ces classes dégoûtantes qui propagent la perverse idéologie de la « fin des idéologies », laquelle conduit au relativisme le plus ignoble, relativisme que lesdites classes célèbrent – se faisant passer pour modernes et "laïques" – afin de justifier leurs cochonneries avec l’excuse que de toute façon tout est désormais possible (qui se rappelle « Si può ? » de Gaber ? Cette chanson est le véritable hymne de ce crasseux, immonde ramassis qui nous gouverne (1)).
J’ai aussi cherché à découvrir dans la fameuse « diversité » du PCI l’origine ultime de la terrible dégénérescence (justement cancérigène) subie par les post-communistes (démocrates de gauche, démocrates ou comment diable ils veulent s’appeler), sans que de ce grave processus régressif ne se sauvent non plus ceux qui se disent "gauche démocratique" ou "alternative" ou autre, et pas même ceux qui insistent, en vrais salauds, à vouloir usurper le nom de "communistes". A ce point il n’est que cette alternative : ou renverser quotidiennement insultes et injures sur ces foutus vauriens ; ou déplacer notre attention non pas sur des discours contingents et journaliers (d’une certaine manière journalistiques), mais plutôt sur des analyses théoriques ou du moins conjoncturelles et de phase ; dans tous les cas en s’opposant à cette gauche – et à son « spéculaire » qu’est la droite – à l’intérieur de développements plus approfondis. Du reste, il s’agit d’assumer, dans les limites du possible, l’attitude détachée de l’entomologiste qui étudie certains insectes : non pas les hannetons ou les coccinelles (qui sont passablement gracieux), mais les cafards, les vers, et dans le meilleur des cas, les scorpions. Parce que celui qui participe au jeu insensé du droite-gauche, surtout s’il choisit ce dernier camp, appartient bel et bien à ce type d’insectes dégoûtants qu’instinctivement nous cherchons à écraser du pied quand nous les croisons sur notre chemin.
Tout autre attitude adopterai-je envers ceux que je sais être de bonne foi et sincères quand ils persistent à se déclarer communistes. Je ne crois plus tellement à cette perspective mais je suis disposé néanmoins à maintenir avec ceux-ci – avec ceux d’entre eux qui le souhaitent, évidemment – un dialogue soutenu ; tout en manifestant bien sûr mes doutes sur les positions qu’ils assument et qui semblent conduire à de continuelles divisions et scissions. En tout cas si quelqu’un, conscient de la gravité de la situation désormais pourrie, veut passer outre les aversions (dont personne ne nie l’existence) afin d’entamer une sincère et honnête discussion, cela ne demande jamais qu’un effort de bonne volonté. En fixant cependant certaines limites.
Personnellement, comme je l’ai déjà dit, je reste convaincu que le communisme est un procès historique révolu et qu’il ne peut reprendre sinon sur la base de révisions drastiques (qui sont encore loin d’être définies) de la théorie et de la pratique. Toutefois, si quelqu’un – je le répète : en parfaite bonne foi et avec une profonde adhésion idéale – n’est pas convaincu de pareille affirmation, ce ne sera certainement pas moi qui émettrai des jugements de condamnation et de rejet. Comme tout le monde, peut-être discuterai-je avec passion, de façon polémique, je me laisserai aller quelques fois à des « piqûres », mais je peux assurer que je ne romprai pas avec celui qui croit vraiment en ce qu’il dit et qui ne le dit pas en vue d’intérêts mesquins. Cela étant, ma conviction profonde est qu’il n’est permis à personne qui veut se définir comme communiste de se dire de gauche ; c’est comme s’il déclarait vouloir un « monde nouveau » (même un peu « idéalisé ») e qu’il continuait à fréquenter les vers et les cafards qui infectent l’organisme et sur lesquels il faudrait au contraire vaporiser un puissant insecticide.
Il est donc plus que juste et nécessaire de discuter avec les communistes (et les anticapitalistes et anti-impérialistes) sincères, avec ceux qui éprouvent un authentique dégoût pour cette immonde société que nous appelons « civilisation occidentale » (malheur à nous si elle devait se réduire à ce que nous voyons tous les jours; car alors il vaudrait mieux devenir des « Orientaux ») ; en s’opposant toutefois de front à ceux qui appartiennent à la gauche, y compris, en particulier, à celle dite radicale. Comprenons-nous bien : est-il possible de penser qu’il y avait un sens à discuter avec les social-démocraties de 1914, quand celles-ci « trahirent » et soutinrent la Grande Guerre ? La gauche contemporaine, dans toutes ses composantes, est beaucoup plus répugnante, corrompue et putride que celle d’alors ; si elle cause moins de dégâts c’est uniquement parce que n’existent pas les conditions de l’époque de l’impérialisme du début du vingtième siècle.
Certains individus, sans doute de bonne foi, persévèrent dans l’erreur de perspective selon laquelle ils croient que la gauche nous sauve au moins de la droite ; et encore, même pas de la droite, mais seulement « de Berlusconi ». Une erreur catastrophique, définitive, qui amènera à la disparition de toute force effectivement critique de l’actuelle organisation sociale. L’infection mortelle provient de la gauche ; que l’on fasse l’effort d’analyser la situation ne serait-ce qu’avec l’instrument marxiste pas encore « revisité » et adapté à l’époque. La droite est simplement la réponse malade à ce cancer qu’est la gauche ; plus précisément, elle est l’immunodéficience d’un organisme qui ne réussit pas à s’opposer aux germes pathogènes de gauche qui déferlent avec une violence croissante dans le « corps » de notre société.
Ce n’est pas un hasard si le socle social de la droite (et il me semble que celui-ci ne soit de loin pas satisfait de ses représentants politiques) est constitué par le petit commerce, la petite entreprise industrielle, le travail ainsi-dit autonome. Mais le socle social de la gauche n’est plus l’ouvrier (encore moins le paysan) ; c’est la mélasse des conformistes médiocres, de ces hypocrites, factieux, décérébrés, qui se pavanent dans le spectacle, dans les apparats médiatiques, dans l’assistance sociale (en état d’asphyxie permanente, négligée et ruineuse), dans l’enseignement (et la « formation » d’on ne sait trop quoi), dans mille métiers afférents au soi-disant secteur tertiaire avancé, à l’informatique, à la publicité, ou carrément à la « réalisation sur Terre » de l’imaginaire general intellect, lequel n’a rien à voir avec ce que Marx désigne sous ce terme, puisque chez lui cela désignait les puissances mentales de la production, c’est-à-dire cet « ingénieur » que, selon les prévisions marxiennes (démenties par l’Histoire), la dynamique intrinsèque au mode de production capitalistique aurait dû faire confluer avec le « manœuvre » (ou « journalier ») dans le travailleur collectif coopératif, sujet du « mouvement » (le communisme, justement) qui aurait « aboli l’état présent des choses ». Le general intellect de Marx n’était certainement pas Bifo (2) ou quelqu’un de ce genre (aucun mépris de ma part pour le personnage cité, qui comptera sans doute beaucoup d’autres mérites ; je dis seulement que lui et ses semblables ne représentent pas l’ « intellect général » au sens où l’entendait le fondateur d’une théorie révolutionnaire).
Ainsi, pour autant que je retiens nécessaire revoir toute chose avant de se déclarer éventuellement de nouveau communistes - et de toute façon nous nous déclarons sans autre anticapitalistes – je suis ouvert à la discussion avec tous les critiques de cette société, en dehors de toutes les mystifiantes et insensées distinctions entre qui est de droite et qui de gauche, à condition que l’on comprenne comment la gauche (c’est-à-dire « ceux du Gouvernement ») soit aujourd’hui à « enterrer » – compréhension préliminaire à quelconque nouvelle pratique politique. Je n’ai aucune envie de discuter avec celui qui soutient encore ce Gouvernement et cette gauche, avec celui qui ne sent pas combien serait belle la venue du Grand Chirurgien capable d’extirper un cancer si largement répandu dans l’organisme. Et je ne discute pas justement parce que je ne veux plus pinailler sur la base de catégories comme droite et gauche, sinon en tant que pure convention de langage utilisée parfois par commodité (antiscientifique). Nous devons avant tout faire savoir « à droite et à gauche » (3) que le premier pas à franchir consiste en l’élimination, l’extirpation, l’anéantissement de ceux qui sont actuellement au gouvernement de ce pays ; dans le même temps, il est nécessaire de s’activer afin que la réponse ne soit pas celle de l’organisme immunodéficitaire, c’est-à-dire celle des forces que l’on indique conventionnellement comme étant de droite.
Il y a donc besoin du Grand Chirurgien, vu que toute autre réponse dite « démocratique » conduit seulement au prolongement de la maladie, à travers l’alternance du cancer et de la réponse malade à celui-ci. Et tenons compte du fait que les forces économico-financières, actives en retrait des actuelles forces gouvernementales, sont en train de les soutenir afin de mieux travailler en coulisses à leur « dernière planche de salut » : le « centre » marécageux des techniciens et des ainsi-dits « modérés ». Car celles-là aussi ont compris que le va-et-vient (le jeu de miroirs) entre droite et gauche (conventionnelles) nuit, par son incapacité manifeste à gouverner, à leur rapine aux dépens de la population. Et voici alors « Luca » (4) qui fait le centriste, qui cherche la fange à même d’envaser toute chose. Non, la seule espérance est la « chirurgie » (du reste, la branche de la médecine qui a, de loin, le plus progressé).
Et maintenant revenons au travail d’analyse sans, si possible, s’abandonner aux polémiques « au jour le jour », qui sont du reste inutiles. Une fois assuré que le vrai ennemi mortel de chaque espérance et de chaque idéal est ce qui par une banale convention est dénommé gauche ; une fois que l’on a manifesté tout le mépris possible pour cet être « … » dont ils ont fait leur chef de file ; une fois précisé que la perspective d’un retour de la droite (conventionnelle) est le symptôme d’une volonté de continuer à « dépouiller » l’écrasante majorité de la population ; il me semble que l’on peut passer à autre chose, à l’élaboration théorique et au repérage des principales tendances inhérentes à la phase actuelle. En invitant également à la discussion tous ceux qui ont en horreur cette société occidentale, et en particulier sa version italienne : dominée par des intrigants, des hypocrites plein de méchanceté, des envieux, des tricheurs, des violents, des lâches et des répugnants et j’en passe. De grâce, ils ne sont pas tous d’une seule et unique « couleur » ; gardons à l’esprit toutefois que le virus infectieux est la gauche, tandis que la dégénérescence des globules blancs, qui aggrave la maladie, est la droite (pour utiliser encore une fois la désormais fade dénomination des deux formations).
(1) “s-governa”
(2) Franco Berardi
(3) “a destra e a manca”
(4) l’équivalent italien de François (Bayrou)
Lien: http://ripensaremarx.splinder.com/post/12511793
PS: texte exhumé sur demande.
14:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.09.2007
On ferme!
Et voilà, c’est fini !
Un grand merci à tous ceux qui auront donné un semblant de vie à ce blog*.
Ce fut un plaisir.
Et à bientôt, peut-être !
Pierre
*désormais en pilotage automatique
18:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note