06.06.2009
Paul Jorion
http://www.lefigaro.fr/economie/2009/06/05/04001-20090605...
En cliquant sur le lien ci-dessus, vous accédez à la vidéo d'un entretien accordé à la radio par Paul Jorion. C'est une discussion de 45 minutes qui jette un éclairage inédit sur la crise actuelle. Loin de la soupe consensuelle qui nous est servie au quotidien par les merdias, il est question ici de l'oligarchie, de Bilderberg, de la faillite du dollar, de l'écoeurement du peuple, de l'impuissance d'Obama, de la revanche que prendront les héritiers de Jefferson contre les épiciers, de Jean-Claude Michéa, de l'effondrement du capitalisme.
Il est question d'une crise qui doit encore produire ses effets en Europe, qui va durer plus de cinq ans, peut-être quinze. Il est question d'un monde qui sombre et d'une partie (dominante) de ce monde qui voudra la guerre et la barbarie plutôt l'invention d'une forme sociale meilleure.
Rappelons également l'adresse de l'excellent blog de Paul Jorion: www.pauljorion.com/blog/
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Commentaires
Paul Jorion est érudit et ouvert d’esprit notamment pour lier les aspects économiques et sociaux – en suivant en cela la thèse de Polaniy de l’imbrication de l’économique et du social -. C’est une forme d’intelligence certaine en ces temps d’experts spécialisés à œillères. Il a également une très bonne connaissance du secteur financier pour en avoir fait partie, ce qui lui permet de lire les infos de manière très intéressante.
Mais est-il vraiment « loin de la soupe consensuelle qui nous est servie au quotidien par les merdias » ? A mon sens pas autant qu’il voudrait se représenter. Sa thèse centrale est que la crise est le produit de la spéculation financière. Spéculation à comprendre ici, comme il le précise dans cette intervention radio, comme une activité financière ne visant qu’à faire des profits. Cette thèse n’est pas nouvelle, les porte-voix de l’altermondialisme (donc une petite partie du mouvement, celle qui passe dans les médias) la porte depuis une bonne dizaine d’année. Depuis quelques mois, le parti unique - que ce soit l’aile libérale à la Sarkosy, républicaine à la Bayrou, socdem, ou néo-réac - la reprend en chœur sous le mot d’ordre de la moralisation des marchés financiers. Jorion va plus loin en rejetant la possibilité de réformer ce secteur. Sa proposition d’extirper ce type d’activité spéculative me reste assez obscure (comment pense –t-il distinguer un investissement d’une action spéculative ?). Mais plus profondément que cela, c’est son analyse qui me semble fausse : il prend un symptôme pour la maladie.
Ce que je veux dire a été formulé par le Gruppe Krisis, que je cite à partir d’un lien donné sur ce blog, palim-psao : « Une nouvelle version de la légende du «coup de poignard dans le dos»2 circule: «notre» économie aurait été la victime de l’avidité sans borne d’une poignée de banquiers et de spéculateurs. Gavés d’argent bon marché par la Banque Centrale Américaine et soutenus par des hommes politiques irresponsables, ils auraient mené le monde au bord du gouffre tandis que les «honnêtes gens» seraient les dindons de la farce, comme toujours.
Rien n’est objectivement aussi faux et idéologiquement dangereux que ce tableau reproduit à l’envi dans l’opinion publique. C’est tout le contraire. Ce n’est pas l’essor énorme des marchés financiers qui cause la détresse actuelle. Il n’était lui-même pas une cause mais une conséquence, une manoeuvre d’évitement visant à esquiver la bien réelle crise sous-jacente à laquelle la société capitaliste était contrainte de se confronter depuis les années 1970.
[…]
Depuis plus de trente ans, la dynamique de l’économie mondiale est entretenue grâce à l’envolée toujours croissante de la spéculation et du crédit (ce que Marx appelle le «capital fictif»). Si le capital est détourné vers les marchés financiers, c’est que l’économie réelle n’offre plus de possibilité suffisante d’investissement. Pour couvrir leur budget, les Etats se sont endettés et de plus en plus de gens ont financé leur consommation, directement ou indirectement, par l’emprunt. Ainsi, la sphère financière est devenue le secteur sur lequel s’appuie le marché mondial et le moteur de la croissance capitaliste. La «bonne» économie réelle n’a donc pas été soumise par la «mauvaise» sphère financière, au contraire, elle ne pouvait plus briller que comme son accessoire. Tant le «miracle économique chinois» que «l’Allemagne, championne du monde d’exportation» auraient été impossibles sans l’existence au niveau mondial de l’énorme circuit d’endettement, avec les Etats-Unis comme figure centrale. » Gruppe Krisis http://palim-psao.over-blog.fr/article-31274612.html
Ecrit par : John doo | 25.06.2009
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